Plus de 60 autres personnes licenciées chez un sous-traitant de WB Games Montréal
Une deuxième vague de licenciements déferle en quatre mois au studio WB Games Montréal : des employés de Keywords, un sous-traitant opérant dans les bureaux de ce développeur de jeux vidéo de l’univers DC, a mis la hache dans quelque 60 emplois, jeudi dernier. Une soixantaine de personnes se sont fait annoncer qu’elles ne reviendraient pas travailler le lendemain matin, d’après des sources proches du dossier. Le 10 avril, des gens ont reçu une convocation en trois groupes à des réunions en après-midi. Les gens dont l’emploi avait été supprimé en décembre, deux semaines avant les Fêtes, s’étaient vu offrir un préavis de huit semaines. Cette fois-ci, les choses sont différentes : la fin d’emploi est immédiate, et un chèque de huit semaines de travail leur sera envoyé. On se doutait que ça allait arriver, vu ce qui s’est passé en décembre. Mais pas d’une façon aussi brusque. On nous a dit le jour même que c’était fini, qu’on ne reviendrait plus. C’était vraiment dur à encaisser. Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, le chef de WB Games Montréal, Yves Lachance, a précisé que lorsque les besoins du studio changent, ses fournisseurs – tel Keywords – proposent les ajustements appropriés. Selon lui, les personnes licenciées peuvent être réaffectées à des mandats avec d'autres clients. Keywords, qui opère dans plusieurs studios de la métropole et à l'international, n'a pas offert de nouvelles affectations à ces travailleurs, selon des sources proches du dossier. Keywords n'a fait aucun effort pour retenir les employés en essayant d'attirer de nouveaux clients ou en mettant en place de meilleurs systèmes pour déplacer les employés entre les studios à Montréal. Keywords n'a pas donné suite à une demande d'entrevue de Radio-Canada. Encore une fois, les licenciements affectent particulièrement Keywords, responsable de l’assurance qualité des jeux vidéo de WB Games Montréal, qui s’affaire notamment à détecter et à documenter des bogues de jeux et à s’assurer de la cohérence dans la jouabilité. Avec les nouveaux licenciements, le studio a ainsi perdu en quelques mois les deux tiers de son équipe en assurance qualité. Pourtant, le rôle de ces employés est essentiel en ces temps où les joueurs et les joueuses ont beaucoup de critiques quant à la qualité des jeux produits par WB Games, souligne d’ex-employés du studio. WB Games Montréal a lancé Gotham Knights en 2022. (Photo d'archives) Photo : Warner Bros. Games Montréal WB Games Montréal a signé très peu de succès depuis la sortie de Batman : Arkham Origins en 2013. Sa suite, le jeu Gotham Knights, lancé en 2022, n’a pas attiré les foules. Plus récemment, le studio a aidé le développeur Rocksteady sur Suicide Squad : Kill the Justice Leagues, considéré par plusieurs sites spécialisés comme un échec. Il n’y a pas que la filiale montréalaise de Warner Bros. Games qui encaisse les coups durs. Fin février, la maison mère avait annoncé la fermeture de trois de ses studios américains : Monolith Productions, Player First Games et Warner Bros. Games San Diego. Le groupe américain avait alors déclaré avoir pris cette L’industrie vidéoludique cumule les annonces de suppression d’emplois depuis deux ans, après une période pandémique faste pour la vente de consoles et de jeux vidéo. La scène locale n’est pas épargnée : le plus récent exemple en date remonte à la fin de mars, quand le studio Eidos-Montréal a annoncé qu'il supprimait « jusqu'à 75 emplois », soit près de 20 % de ses effectifs. L’entreprise a invoqué la fin imminente d’un de ses mandats pour justifier sa décision. C’est vraiment difficile en ce moment de trouver un emploi dans ce secteur. Je suis très inquiet pour mes anciens collègues. Les travailleurs licenciés jeudi ont pu garder leur pièce d’identité à l’effigie du studio, un emploi dont ils gardent, malgré tout, de bons souvenirs.Avec deux heures de préavis, tu as le temps de te demander ce qui se passe, et qui appartient à quel groupe
, dit une source qui faisait partie du groupe 2
, qui s’est fait remercier.Nous nous préparions pour des mises à pied. C’était une rumeur qui courait au bureau depuis des mois
, mentionne un travailleur licencié.Quelqu’un a demandé si on pouvait venir au bureau vendredi pour dire au revoir aux gens. La réponse a été claire et nette : c’est non
, raconte ce même ex-employé, qui décrit la communication du studio comme étant catastrophique
.Des années difficiles pour WB Games
S’ils avaient pris en compte l’avis des testeurs, il n’y aurait pas eu autant de flops
, croit l’un d’eux.
décision très difficile
dans le cadre d’un changement de direction stratégique
, sans toutefois indiquer le nombre de personnes touchées.
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